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Le « radar » de l’économie française, commenté par Thierry Breton (propos recueillis le 27 décembre 2006 par le journal « Challenges »)

« Livrer aux Français le diagnostic de notre économie fait partie de mon rôle. C’est tout l’objet du “radar” qui permet de représenter en un coup d’œil son évolution. Il se lit de façon très simple : plus le graphique est en expansion, plus notre économie va bien. Le radar de l’économie française actuel compare ainsi la situation de notre économie aux deuxième et troisième trimestres 2006 (derniers chiffres disponibles) à celle d’un an auparavant. Il montre que, à l’exception des exportations qui avaient progressé exceptionnellement il y a un an, tous les indicateurs sont en amélioration. Au total, cette expansion du radar est à la fois le signe de la consolidation de la reprise conjoncturelle de notre économie et de l’amélioration structurelle de ses fondamentaux. »

Radar de l'économie française

CROISSANCE

« Si l’on gomme les mouvements de yo-yo statistiques, on voit bien que notre activité économique connaît, depuis la mi-2005, une phase d’accélération. La moyenne annualisée de la croissance des deuxième et troisième trimestres représentée sur le radar ressort, en effet, à 2,3 %, contre seulement 1,2 % il y a un an. Nous nous orientons donc bel et bien vers une croissance, sur l’ensemble de l’année 2006, dans la fourchette 2-2,5 % annoncée, plutôt dans la première moitié de cette fourchette. »

EMPLOI

« Depuis un an, le taux de chômage a baissé de 1 point, soit environ 250 000 demandeurs d’emploi en moins, et, selon l’Insee, il devrait avoir atteint 8,6 % fin décembre, son niveau le plus faible depuis 1983 ! Cette baisse est le fruit de créations d’emplois qui devraient s’élever, sur l’ensemble de l’année 2006, à près de 250 000, grâce au retour de la croissance età la montée en charge des mesures pour l’emploi du gouvernement. »

CONSOMMATION

« Elle reste la“valeur sûre” de l’économie française. Certains postes atteignent même des progressions impressionnantes : par exemple, les achats d’équipement du logement sont en hausse de 20 % sur un an ! Cet appétit de consommation se nourrit évidemment des nombreuses créations d’emplois, ainsi que de l’accélération des gains de pouvoir d’achat depuis mi-2005. Mais ces excellents résultats sont surtout, pour moi, le meilleur témoin du retour de la confiance des Français dans leur avenir. »

INVESTISSEMENT

« L’investissement des entreprises connaît depuis le printemps un regain de dynamisme, progressant sur des rythmes annualisés de l’ordre de 6 %. Là encore, c’est pour moi le meilleur indicateur de la confiance retrouvée des chefs d’entreprise dans leur avenir, confiance qui se lit également dans la plupart des enquêtes auprès des industriels. »

EXPORTATIONS

« Elles vont mieux que ne le laisse apparaître le radar. D’abord, des anomalies statistiques dans les chiffres du commerce extérieur des six premiers mois de l’année sont en cours d’investigation : il s’agit notamment de flux inhabituels de téléphones portables. Ensuite, les chiffres du troisième trimestre ont été affectés par le décalage de la signature de quelques“grands contrats” qui ont des calendriers bien spécifiques. Je rappelle que, sur les neuf premiers mois de 2006, nos exportations ont progressé de près de 10 % par rapport aux neuf premiers mois de 2005 ; la progression atteint même 39 % vers la Chine. »

POUVOIR D’ACHAT

« Sur l’ensemble de l’année 2006, l’Insee attend une progression du pouvoir d’achat de 2,5 %, soit 0,6 point au-dessus de la moyenne de ces vingt-cinq dernières années et 1,5 point au-dessus de la moyenne de la zone euro. Ces gains de pouvoir d’achat sont liés à la fois à des progressions de salaires de près de 3 % sur un an – meilleur résultat depuis treize ans – et à une inflation contenue entre 1 et 1,5 % – meilleur résultat depuis cinq ans. Ce mouvement va s’intensifier en 2007, avec l’entrée en vigueur au 1er janvier de la réforme fiscale. »

FINANCES PUBLIQUES

« En 2005, la France a été le premier des grands pays européens (avant l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie) à faire revenir son déficit sous la barre des 3 % de PIB, à 2,9 % précisément. Cette réduction du déficit public s’est poursuivie en 2006, et elle se poursuivra en 2007, enclenchant une forte baisse du ratio d’endettement public. »

© ministère de l'Économie, des finances et de l'industrie, 08/01/2007