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NOR : ECOC0000325X
1. Introduction
Lexposition du corps au soleil,
si elle a des conséquences bénéfiques incontestables, conduit
également, lorsquelle est excessive, à de graves problèmes
de santé. En effet, les cancers de la peau attribués à cette
exposition constituent, selon les spécialistes dermatologues, un des enjeux
majeurs de santé publique dans les années à venir.
En dépit des efforts déployés pour
informer les consommateurs sur le bon usage du soleil, il semble que des consommateurs
continuent de juger linformation qui leur est donnée hétérogène
et peu compréhensible, particulièrement pour ce qui concerne les
indices de protection solaire.
Dans ces conditions, le CNC a reçu le mandat, dune
part, de procéder à un état des lieux sur cette question
et, dautre part, de faire des propositions pour améliorer si nécessaire
linformation et la prévention en matière dutilisation
des produits de protection solaire (voir le texte du mandat en annexe).
Le groupe cosmétique du CNC, saisi de ce mandat,
sest réuni par trois fois (les 20 avril, 11 mai et 7 juin
2000). Il a auditionné M. Serge Forestier sur la définition
des Facteurs de protection solaire (FPS) et les méthodes de mesures des
indices, M. Alain Breckler, pharmacien dofficine, et M. Rogge,
représentant de la FCD, sur linformation dont disposent les distributeurs
et les besoins dinformation que leurs clients leur font connaître,
ainsi que M. Jean-François Tanneur qui a exposé les différentes
actions mises en place par les professionnels fabricants de ce secteur pour linformation
du public sur le bon usage du soleil. 2. Bienfaits
et dangers de lexposition au soleil Le
soleil est indispensable à la vie. Un des exemples le plus connu est son
action sur un dérivé du cholestérol qui se trouve dans la
peau, le 7-déhydrocholestérol, et qui est transformé par
les rayonnements solaires (UVB) en vitamine D3. Elle est absolument nécessaire
non seulement pour labsorption du calcium mais également à
une bonne différenciation cutanée et pour calmer les réactions
immunologiques au niveau de la peau lorsquelles sont excessives. Ce mécanisme
est essentiel pour la santé.
Mais lexposition au soleil présente également
des dangers. Outre les effets sur le vieillissement de la peau, lexposition
au soleil présente également des dangers immédiats :
des brûlures parfois graves, des « coups de chaleur »
avec déshydratation. Mais, surtout, une exposition prolongée provoque
lapparition de divers cancers de la peau, dont le mélanome malin
- le cancer des mélanocytes - qui est mortel dans un cas sur
quatre. Ainsi, en 1995, le nombre estimé de mélanomes de la peau
pour la France était de 4 255 (soit environ 2 % des cancers)
qui ont provoqué 1 144 décès (environ 1 %
des décès par cancer) cette même année. Plus que le
nombre de cas, qui reste relativement faible en France, cest lévolution
de cette pathologie qui est inquiétante. En effet, le nombre de ces cancers
a doublé en vingt ans. 3. La typologie
du marché de la protection solaire Les
ventes de produits solaires et la répartition par type de distribution
pour les années 1996 à 1998 sont présentées en annexe.
Pour 1998, les ventes de produits solaires, tous types confondus, y compris les
produits bronzants sans soleil ou avant soleil, représentent plus de 870 millions
de francs hors taxes départ usine. La répartition des ventes par
type de produits, spécifiquement de protection solaire (produits spécifiques
bébés, sticks à lèvres, produits bronzants avec soleil),
est présentée sur le graphique ci-dessous. CLICHÉ 4. Etat
des lieux
4.1. La réglementation des cosmétiques
Les produits de protection solaire sont des produits
cosmétiques au sens de la définition de ces derniers dans la réglementation
communautaire et française.
Les entreprises qui désirent commercialiser des
produits cosmétiques sur le territoire français sont soumises à
diverses obligations qui ont notamment pour objet dassurer la sécurité
du consommateur. Elles résultaient jusquà récemment
de la loi no 75-604 du 10 juillet 1975 (JO du 11 juillet
1975), qui avait modifié le livre V du code de la santé publique,
et de ses textes dapplication, mais aussi de la directive 76/768/CEE du
27 juillet 1976 modifiée relative à ces produits. Ces dispositions
législatives ont été modifiées par la loi no 98-535
du 1er juillet 1998 relative au renforcement de la
veille sanitaire et du contrôle de la sécurité sanitaire des
produits destinés à lhomme (JO du 2 juillet 1998).
La sécurité des cosmétiques repose
dabord sur la responsabilité des professionnels. Ceux-ci doivent
déclarer leur activité de fabrication, conditionnement ou importation
de produits dans lUnion européenne auprès de lAgence
française de sécurité sanitaire des produits de santé.
Ils doivent sassurer la collaboration dun
personnel qualifié pour évaluer la sécurité de leurs
produits. Cet « expert » se fonde pour cela sur son expérience,
sur la composition des produits, sur les études bibliographiques concernant
les ingrédients et sur déventuels tests (irritation oculaire,
irritation cutanée, tests in vitro, etc.). Cest cette
personne qualifiée qui est responsable du choix des tests quil convient
de réaliser pour cette démonstration.
Le responsable de la mise sur le marché dun
produit cosmétique doit avoir rassemblé certaines informations sur
le produit avant sa commercialisation. Elles doivent pouvoir être mises
en permanence à la disposition des autorités compétentes
(médecins et pharmaciens inspecteurs de la santé et toute personne
habilitée par larticle L. 215-1 du code de la consommation,
notamment les agents de la direction générale de la concurrence,
consommation et répression des fraudes). Elles concernent, outre les éléments
sur linnocuité, des informations sur les méthodes de fabrication,
les contrôles, etc.
Par ailleurs, pour tous les produits sans exception, le
responsable de la mise sur le marché doit sassurer que la formule
intégrale du produit a été transmise aux centres de traitement
des intoxications (centres antipoison) de Paris, Lyon et Marseille.
La réglementation impose également des obligations
en termes de composition des cosmétiques. Certaines substances sont interdites
dans les produits, dautres sont autorisées sous conditions (nature
du produit, pourcentages, étiquetage spécifique). Enfin, certains
effets ne peuvent être produits dans les cosmétiques que par lutilisation
de substances autorisées dans ce but et qui sont regroupées dans
des listes « positives », toutes les autres substances ayant
un effet similaire étant interdites (conservateurs, colorants, filtres
solaires).
La réglementation organise létiquetage
des produits. Il doit présenter, en français, lidentification
du responsable, la dénomination du produit, un numéro de lot, la
quantité nette sauf pour les très faibles quantités, une
date limite dutilisation si le produit se conserve moins de 30 mois.
En fonction de la présence de certains ingrédients, létiquetage
porte des avertissements spécifiques. Sera également rendue obligatoire
par le décret en cours de signature la liste des ingrédients selon
une nomenclature commune européenne.
Du point de vue de leur publicité, les produits
autres que les médicaments présentés comme favorisant le
diagnostic, la prévention ou le traitement des maladies, des affections
relevant de la pathologie chirurgicale et des dérèglements physiologiques,
le diagnostic ou la modification de létat physique ou physiologique,
la restauration, la correction ou la modification des fonctions organiques doivent
avoir reçu un visa préalable de publicité (art. L. 551-10
du code de la santé publique). Aucun produit cosmétique ne peut
être présenté comme possédant des propriétés
curatives ou préventives à légard de maladies car cest
la définition même des médicaments (art. L. 511 du code
de la santé). Enfin, dune manière générale,
les cosmétiques sont soumis aux dispositions du code de la consommation,
et notamment ses dispositions relatives à la publicité trompeuse,
à la sécurité, aux fraudes et falsifications (tromperies,
etc.). 4.2. Lattitude des consommateurs
Les consommateurs semblent encore peu informés
sur les attitudes à avoir face au soleil. Ils croient par exemple que le
bronzage les protège des effets négatifs du soleil. Une fois bronzés,
ils nutilisent plus de crème solaire ou sexposent trop longtemps,
alors quils ne sont en fait pas protégés contre les autres
effets que le coup de soleil.
La nature des produits solaires limite leur utilisation.
Beaucoup de consommateurs, en particulier les plus jeunes naiment pas la
sensation huileuse de ces produits, leur odeur. Le geste même de senduire
de ces produits, en public, peut être un frein à leur utilisation.
Lutilisation des produits de protection, si elle
a des effets positifs, peut également se révéler négative.
En effet, les consommateurs se pensant bien protégés, notamment
avec les produits à FPS élevé, mais pas seulement dans ce
cas, peuvent avoir tendance à sexposer encore plus longtemps, ce
qui leur fait prendre des risques pour leur santé.
En dehors de la nature des produits eux-mêmes, leur
prix peut être également un facteur conduisant les consommateurs
à les utiliser avec trop de parcimonie. 4.3. Les
actions dinformation des consommateurs
sur le bon usage du soleil Un
dialogue sest instauré depuis dix ans en France entre les responsables
de la mise sur le marché des produits de protection solaire et certains
membres de la communauté scientifique, notamment des dermatologues et des
photobiologistes.
Ce dialogue a conduit à une prise de conscience
de la nécessité dun travail collectif pour infléchir
les comportements des individus face au soleil sans les inquiéter et sans
médicaliser le problème. En effet (et la protection solaire en est
le meilleur exemple), cest par un changement de comportement, par la connaissance
et la gestion de son « capital santé », que pourront
être maîtrisées, du fait du vieillissement des populations,
les pathologies qui se développent actuellement.
La première action, menée conjointement
par la Fédération des industries de la parfumerie et les pouvoirs
publics (direction générale de la santé), a été
dinciter les fabricants et les responsables de la mise sur le marché
de produits de protection solaire à rappeler régulièrement
les règles essentielles dinformation selon des messages définis :
précaution à prendre aux heures densoleillement maximum, éviter
les coups de soleil chez lenfant, utiliser un produit adapté aux
différents types de peau.
Cet engagement a donné lieu à un suivi afin
dévaluer la reprise de ces informations par les industriels. Dès
la première année, 1996, linformation était reprise
à plus de 50 % (en termes de marché de produits), un taux de
reprise porté à 95 % en 3 ans.
Parallèlement, au développement de cette
information basique, des contacts ont été pris avec la Ligue nationale
contre le cancer, des dermatologues, notamment le professeur Dubertret, pour mener
une réflexion sur la perception des messages de prévention par le
public. Ces réflexions ont conduit la Fédération à
organiser en 1998 et 1999 les premières puis les deuxièmes « Assises
du soleil » dont lobjet était de rassembler les professions
concernées par la protection solaire afin de réaliser un état
des lieux des connaissances sur les effets du soleil et les méthodes de
protection pour promouvoir le « bon usage du soleil ».
Ce concept déducation du citoyen afin quil
prenne en compte la gestion de son « capital soleil » a
conduit à engager plusieurs actions :
Publication dun dépliant « Le
Soleil et vous », dépliant qui, grâce aux actions locales
de la Ligue nationale contre le cancer, a été distribué dans
les régions traditionnelles de vacances. Ce document a été
également diffusé par plusieurs professionnels du voyage afin de
développer la notion dIndex densoleillement et de comportement
adapté face au soleil en fonction de la destination choisie. Il a également
été diffusé en direct par les industriels membres de la Fédération ;
Participation de la Fédération, au travers
de la Ligue nationale contre le cancer, à laction européenne
menée contre le cancer par la Commission des Communautés européennes.
Information sur les Index densoleillement développés
par lAssociation sécurité solaire. La Fédération
a contribué à limplantation de plusieurs capteurs solaires
pour couvrir lensemble du territoire français. Cette information
a largement été reprise les mois dété par le
biais des chaînes de télévision lors des émissions
de prévisions météorologiques.
Formation et information des enfants :
avec la Ligue nationale contre le cancer
et le ministère de la jeunesse et des sports, élaboration dune
mallette sous forme de jeux réalisée par lAssociation sécurité
solaire et distribuée dans les bibliobus et les garderies ;
dautres actions ont été
menées conjointement avec la Ligue : participation et soutien au concours
de création destiné à sensibiliser 14 000 enfants
à la prévention contre les effets néfastes du soleil « vivre
avec le soleil ».
Réalisation par lAssociation nationale pour
lamélioration de la vue dune brochure consacrée à
la protection des yeux.
Etude épidémiologique conduite par le Centre
Epidaure : connaissances, attitudes, comportements des adultes vis-à-vis
de lexposition solaire en France afin, notamment :
didentifier les barrières
et résistances à la protection ;
délaborer une politique
de communication adaptée à la population afin dinciter à
la protection individuelle et collective contre les UV.
Sont actuellement à létude dautres
actions pour compléter ce qui a été déjà fait,
notamment des informations spécifiques à légard des
enfants du primaire qui pourraient débuter en 2001 et qui entrent
dans une démarche déducation du jeune consommateur. 4.4. La
mesure du facteur de protection solaire
4.4.1. Le rayonnement solaire Le
soleil émet dans toutes les directions de lespace un rayonnement
électromagnétique caractérisé par sa longueur donde.
Il existe une relation inverse entre la longueur donde de ce rayonnement
et son énergie : plus la longueur donde est faible, plus lénergie
est élevée.
Une partie seulement de ce rayonnement atteint la surface
de la terre. Dans cette partie, un domaine particulier appelé domaine optique
est constitué par le rayonnement ultraviolet (UV), le rayonnement visible
et le rayonnement infrarouge (IR). Dans ce domaine, les UV ont les plus courtes
longueurs donde.
Les UV sont suffisamment énergétiques pour
provoquer des réactions photochimiques ayant pour conséquence des
dommages immédiats et retardés sur la peau et les cheveux, appelés
effets photochimiques. A lautre extrémité du domaine optique,
le rayonnement infrarouge (IR) possède les plus grandes longueurs donde
(donc la plus faible énergie). Le rayonnement infrarouge est responsable
des effets thermiques (coup de chaleur).
Les rayons UV, qui présentent le plus de danger
pour lhomme, peuvent, à leur tour, être subdivisés en
trois domaines principaux caractérisés par leur longueur donde
exprimée en nanomètres (1 nm = 10-9 m soit 1 millionième
de millimètre).
Les UV-C, dont les longueurs dondes sétendent
de 200 à 280 nm, sont heureusement arrêtés par la
couche dozone et natteignent donc pas la surface de la terre.
Les rayons UV-B, de longueurs dondes comprises entre 280
et 320 nm, sont arrêtés par une plaque de verre. Ils sont majoritairement
responsables, à court terme, du coup de soleil ou érythème
solaire. A plus long terme, ils sont impliqués dans lapparition des
cancers cutanés. Cest contre ce type de rayonnement quil faut
se protéger en tout premier lieu.
Les rayons UV-A, de longueurs dondes comprises entre 320
et 400 nm, ont longtemps été considérés comme
relativement inoffensifs, cependant, ils pénètrent plus profondément
dans la peau que les UV-B. Ils sont responsables, dans les minutes qui suivent
lexposition, de lapparition dune pigmentation fugace ou phénomène
de Meirowski. A long terme, ils accélèrent le vieillissement de
la peau et provoqueraient lapparition de certains types de cancers cutanés.
Ils sont également impliqués dans de nombreux cas dintolérance
au soleil (lucite estivale, photosensibilité liée à lutilisation
de médicaments).
Il faut noter que, si chaque domaine du rayonnement UV
provoque des dommages spécifiques, il nexiste pas une rupture brutale
des effets lorsque lon franchit les quelques nanomètres séparant
chacun de ces domaines. 4.4.2. Moyens de protection
contre les dommages
provoqués par lexposition au soleil Lutilisation
dun produit solaire assurant une protection efficace est indispensable lors
de toute exposition au soleil. Le niveau de cette protection doit être adapté
à la sensibilité individuelle et aux conditions densoleillement.
Ce produit solaire doit posséder un certain nombre
de propriétés essentielles :
il doit protéger à la
fois contre les effets aigus du rayonnement tels que lérythème
et contre les dommages provoqués à moyen et long terme ;
il doit résister à la
chaleur mais également être photostable, cest-à-dire
ne pas être détruit par le rayonnement UV ;
il doit résister à lélimination
par la sueur, la baignade ou le frottement sur le sable ;
son utilisation doit être aussi
agréable que possible afin dencourager des applications permettant
ainsi dassurer une protection efficace. 4.4.3. Mesure
de lefficacité des produits
de protection solaire 4.4.3.1. Le Facteur de Protection
Solaire :
Le niveau
de protection contre lérythème (coup de soleil) assuré
par un produit est traditionnellement exprimé par le Facteur de Protection
Solaire (FPS), qui fait intervenir la réponse érythémale
de la peau au rayonnement UV. Le FPS, autrefois également appelé
indice de protection ou IP ou parfois, à tort, indice UVB, est le rapport
des énergies nécessaires pour induire une réponse érythémale
minimale sur la peau protégée et non protégée par
le produit, en utilisant une source UV artificielle. Il est représenté
par un chiffre entier.
Le FPS
(« SFP » ou « Sunburn Protection Factor »
en anglais), désormais affiché sur la grande majorité des
produits protecteurs dans le monde, constitue linformation fondamentale
sur lefficacité du produit pour le consommateur. Dans la majorité
des pays, et notamment en Europe, aux USA et au Japon, les méthodes de
détermination du FPS sont maintenant standardisées et similaires.
Le FPS est donc un indicateur chiffré donnant une information commune aux
produits.
4.4.3.1.1. Principe.
Si lon
reprend les termes de la méthode recommandée par lindustrie
Cosmétique Européenne (Colipa, 1994), lévaluation du
FPS est effectuée par une « méthode de laboratoire qui
utilise une source artificielle dultraviolet dont le rayonnement est défini
et connu et similaire à celui du soleil zénithal au niveau de la
mer ». Une série croissante de doses UV érythémales
est délivrée sur un certain nombre de zones cutanées, chez
des sujets volontaires sélectionnés. Les volontaires doivent se
rendre au moins deux fois sur les lieux du test : la première fois
pour être exposés à une série de doses UV et la seconde,
24 heures plus tard, pour permettre la lecture des réponses érythémales
obtenues. Les doses croissantes de rayonnement UV reçues lors de lexposition
déclenchent des niveaux variés de réponse érythémale
(rougeur due à une vasodilatation superficielle). La réponse érythémale
atteint son intensité maximale 24 heures environ après lexposition
aux UV. En général, le temps dexposition normal pour induire
un érythème sur une peau non protégée est denviron
1 minute avec les simulateurs solaires actuels. La plus faible dose qui produit
un érythème nettement délimité est la Dose Erythémale
Minimale ou DEM. La DEM pour une zone de peau non protégée (DEMn)
et la DEM obtenue sur peau protégée avant exposition par application
dun produit de protection solaire (DEMp) sont déterminées
sur chaque volontaire le même jour.
La DEMn
et la DEMp peuvent être évaluées de manière visuelle
par des observateurs entraînés ou instrumentalement avec un colorimètre.
Plusieurs produits peuvent être évalués en même temps
sur le même sujet.
Le FPS
du produit est calculé, pour chacun des sujets volontaires, par le rapport
DEMp/DEMn. Un nombre minimum de 10 sujets est nécessaire pour tester
un produit.
4.4.3.1.2. Méthodes FPS standard et harmonisation mondiale.
Comme
mentionné plus haut, différents standards nationaux existent pour
la méthode FPS en fonction des pays concernés. Ce sont :
pour lEurope,
la méthode Colipa (1994) ;
pour les Etats-Unis,
la méthode FDA (Tentative Final Monograph, 1993 - lapplication
du Final Monograph de mai 1999 étant suspendue jusquà
fin décembre 2002 pour révision de la méthode et addition
de la protection UVA) ;
pour le Japon,
la méthode JCIA (1992, révisée en octobre 1999) ;
pour lAustralie
et la Nouvelle-Zélande, la méthode AS/NZS 2604 (1997) ;
pour lAfrique
du Sud, la méthode SABS-1557 (1992).
Ajoutons
que la Commission internationale de léclairage avait émis
une recommandation globale en 1991 (Technical Report no 90).
Le principe
de la méthode reste fondamentalement le même, quel que soit le standard,
dans la mesure où les paramètres clés de la méthode
sont similaires :
quantité
de produit appliqué (2 mg/cm2) ;
mode dapplication ;
type de peau
des volontaires (phototypes I, II et III) ;
zone de test
(dos) ;
spectre de
radiations délivrées par le simulateur UV (UVB et UVA, soit 290
à 400 nm) similaire au soleil ;
temps dobservation
de la réponse érythémale (environ 24 heures après
exposition).
En effet,
un souci dharmonisation existe entre les pays pour que la variabilité
entre laboratoires soit aussi faible que possible.
4.4.3.2. Facteurs de protection vis-à-vis des UVA.
4.4.3.2.1. Les méthodes in vivo.
Les méthodes
in vivo sont basées sur la mesure dune réponse
biologique de la peau spécifiques des UVA. Parmi les méthodes de
détermination du facteur de protection UVA in vivo, on peut
citer principalement :
la mesure de
lérythème UVA ;
la mesure de
lérythème en présence de photosensibilisant (8-méthoxipsoralène
topique ou oral) afin dabaisser le seuil de déclenchement de lérythème
UVA de 30 J/cm2 à 1 J/cm2 environ ;
la pigmentation
immédiate (IPD) évaluée immédiatement après
la fin de lexposition ;
la pigmentation
immédiate stable (PPD) mesurée au-delà de deux heures après
exposition ;
la méthode
dite de la « réponse pigmentaire » utilisant à
la fois la réponse PPD et lérythème.
La méthode
PPD a été testée et acceptée par lAssociation
japonaise de lindustrie cosmétique (JCIA) comme méthode officielle
pour lévaluation et létiquetage UVA des produits solaires
au Japon depuis le 1er janvier 1996.
4.4.3.2.2. Les méthodes in vitro.
Les méthodes
in vitro de détermination de lefficacité protectrice
des produits solaires consistent à mesurer par spectrophotométrie
de transmission le spectre dabsorption du filtre en solution ou du produit
appliqué sur un substrat visant à simuler le relief de la peau.
Lefficacité de protection contre le rayonnement UVB, UVA ou les deux
ou leurs effets sur une réponse cutanée est ensuite déterminée
par calcul prenant en compte ou non le spectre daction des radiations UV
pour le dommage considéré.
Actuellement,
seule lAustralie a officialisé une méthode in vitro
de détermination de la protection dans lUVA (Norme AS/NZS-2604, 1993,
1997 et 1998). Le standard proposé tend à focaliser lefficacité
dabsorption UVA sur les UVA courts (UVA2) et tient peu compte de la protection
dans les UVA longs (UVA1).
Des travaux
sont en cours, tant en Europe quaux Etats-Unis afin de mettre au point une
méthode dévaluation in vitro de la protection
dans lUVA validée par rapport à une méthode in vivo. 4.4.4. Les
opinions et avis sur les difficultés soulevées
par la mesure du facteur de protection solaire A
loccasion des discussions préparatoires à lavis du CNC,
divers avis et opinions se sont exprimés ; ils sont repris ci-dessous.
La méthode de mesure du facteur de protection névaluerait
que la protection contre les UVB puisquelle mesure la protection contre
le coup de soleil et que les UVA ne provoquent des coups de soleil que pour des
doses très fortes. Il nexiste pas pour linstant de méthode
standardisée pour les autres effets du soleil notamment ceux liés
aux UVA ou aux IR. Il existe cependant des méthodes de mesure de la protection
du génome par exemple (protéine P53, méthode des comètes,
etc.), mais si les informations quelles donnent présentent une utilité
pour les consommateurs, elles restent très difficile daccès
et requièrent donc le conseil du distributeur pour être comprises.
Par exemple, les divers indices de protection UVA se fondent sur des réactions
intéressant divers spectres de lUVA, ils mesurent des phénomènes
différents (doses minimales pigmentantes immédiates ou persistantes,
pourcentage dUV arrêtés in vitro, etc.).
Les associations de consommateurs estiment que lapplication
des méthodes de mesures disponibles pour le facteur de protection solaire
(FPS) conduit à la surévaluation de ce facteur du fait de lutilisation
dune quantité de produit lors des tests sensiblement plus élevée
que la quantité quil est normalement prévisible que le consommateur
utilise lui-même. En effet, afin de permettre une bonne répétabilité
des mesures, la méthode conduit à utiliser 2 mg/cm2
(avec des quantités plus faibles, la répartition du produit sur
la peau du sujet nest pas homogène) alors que le consommateur, qui
ne dispose daucun moyen pour savoir quelle quantité il utilise, applique
plutôt des quantités de lordre de 1 mg/cm2.
Or, dans la plupart des cas, les résultats bruts de la mesure sont utilisés
comme information au consommateur en tant que critère de performance du
produit, aucun coefficient de correction nest appliqué aux résultats
bruts du test pour ramener les valeurs des FPS à des chiffres plus proches
de la réalité.
Pour leur part, les fabricants estiment que cela ne soulève
pas de difficulté. En effet, le facteur de protection solaire ne doit pas
être considéré comme ayant une valeur en soi. Il ne saurait
ainsi mesurer réellement le temps quune personne peut rester au soleil
par rapport à une exposition sans protection. Une telle attitude serait
dangereuse en incitant les consommateurs à allonger de manière immodérée
ce temps dexposition. Les FPS doivent être simplement compris comme
une information sur la performance de la protection pour les durées raisonnables.
Les hauts facteurs protégeant mieux que les facteurs plus petits.
Par ailleurs, bien que les diverses méthodes de
mesure du facteur de protection contre les coups de soleil utilisées au
niveau international se soit rapprochées, les consommateurs expriment le
fort souhait quune normalisation la plus internationale possible (CEN, ISO)
soit réalisée afin quune seule méthode soit utilisée.
Certains produits revendiquent aujourdhui des FPS
très élevés, allant au-delà de 50, or il nexiste
que deux produits de référence, qui servent de témoins pour
étalonner les mesures, lun un FPS de 4 et lautre de 15.
La pertinence de leur utilisation lors de la mesure des FPS élevés
peut être contestée.
La question se pose de lutilité des produits
à indice très élevé pour le consommateur qui nest
pas atteint dune pathologie spécifique par rapport au soleil.
4.5. Linformation disponible sur les
produits
ou les supports qui leur sont directement attachés
4.5.1. Les brochures et autres supports dinformation
autres que létiquetage Il
existe des brochures, revues, journaux des pharmaciens ou des enseignes de la
grande distribution plus ou moins détaillés, publicités sur
les lieux de vente (PLV) qui sont mis par les professionnels à la disposition
des consommateurs sur les lieux de vente. En particulier dans le réseau
des pharmacies, ces brochures semblent peu utilisées. Ces supports sont
donc peu lus, ils ont souvent une approche très scientifique et peu pratique
pour le consommateur.
Par exemple, des brochures sont mises à la disposition
des clients des officines par les fabricants et distributeurs. Chacune reprend
largumentation figurant sur lemballage des produits, avec des détails
sur les principes de la filtration à laide de filtres organiques
(filtration « chimique ») ou de substances minérales
(filtration « physique »), les dangers des UV, les conseils
et recommandations de dermatologues pour limiter les risques, etc., ainsi
que la gamme proposée par la marque, pour répondre à tous
les besoins, de tous les types de peaux, dans toutes les conditions densoleillement.
Toutefois, il ny a pas plus de lisibilité sur les indices de protection
dans ces brochures que sur les emballages.
Les brochures destinées aux pharmaciens eux-mêmes
sont plus détaillées, mais pas forcément plus transparentes
sur les indices ou les qualités galéniques des produits. 4.5.2. Létiquetage
des produits 4.5.2.1. Lisibilité.
La lisibilité
des informations présentes sur les étiquettes des produits cosmétiques
est souvent assez faible. Les caractères sont parfois très petits
du fait de la multiplicité des mentions obligatoires sur des surfaces assez
petites. Cette situation est encore plus souvent constatée sur les produits
vendus en libre-service dans la grande distribution à cause de labsence
demballage. Par ailleurs, dans certains cas, les couleurs utilisées
pour ces mentions limitent aussi la lisibilité.
4.5.2.2. Performances.
De nombreuses
informations sont présentes sur les produits de protection solaire pour
identifier leurs performances. Elles peuvent concerner un ou plusieurs types de
rayonnement (UVA, UVB, IR) sans que le lien entre les données chiffrées
et le type de rayonnement concerné soit précisé. Par ailleurs,
labsence de légende aux valeurs données ou lutilisation
de certains synonymes, même à lintérieur dune
même marque de produits, pour les identifier apportent une plus grande confusion
encore (FPS, IP, indice UVB, SFP, etc.).
Les performances
des produits se traduisent par lutilisation dune échelle très
large pouvant aller de valeurs proches de 0 jusquà plus de 70.
Cette multiplication de produits « différents » limite
encore la facilité du choix pour le consommateur.
Les très
grands facteurs de protection solaire posent des problèmes spécifiques.
En effet, en théorie, avec un FPS 75 une personne pourrait sexposer
en plein midi au Caire et y rester dix-sept heures ; or une mauvaise
homogénéité de lapplication provoquerait des coups
de soleil. De plus, certains produits surprotégeant dans lUVB et
lUVA court sont suspectés de faciliter la survenue de certains cancers
cutanés liés à une surexposition aux UVA longs.
Dans certaines
gammes, les produits sont présentés par classe de protection (I,
II, III, etc.). Une telle présentation semble être plus de nature
à aider le consommateur dans son choix. Dautant plus quil existe
une forte variabilité personnelle qui peut atteindre 30 % de la valeur
du FPS, la répartition des produits par classe permettrait de mieux tenir
compte de ces variations. Il est cependant noté que des expériences
de ce type ont été réalisées dans le passé.
Elles ont conduit à un échec, les consommateurs désirant
conserver une information par indice sur une échelle continue.
4.5.2.3. Autres caractéristiques.
Par ailleurs,
les étiquetages font état dautres caractéristiques
que la protection solaire : hypoallergénie, résistance à
leau, à la sueur, à lessuyage, etc. Ces mentions
sont peu précises et mal comprises du consommateur qui ne sait pas les
traduire, notamment en termes de mode demploi.
Les mentions
de résistance à leau, à la sueur ne sont pas comparables
dun produit à lautre par manque de méthode standardisée.
Il nexiste pas de recommandation au niveau européen et plusieurs
normes peuvent donc être choisies, en fonction du laboratoire. Il existe
ainsi une norme FDA consistant à mesurer le FPS avant et après deux
bains de vingt minutes, séparés dun séchage et le produit
est dit résistant à leau si les facteurs de protection initiaux
sont proches des facteurs calculés après les bains. Pour dautres,
le produit est « waterproof », sil conserve ses propriétés
après quatre bains successifs.
Par ailleurs,
le principe de certaines des méthodes utilisées est contestable
pour représenter leffet revendiqué. Par exemple, dans certains
cas, la résistance à leau est justifiée par la faible
solubilité du produit dans leau en condition de laboratoire sans
tenir compte des effets plus mécaniques qui éliminent le produit
lors de la baignade.
4.5.2.4. Modes demploi des produits.
Les modes
demploi sont souvent peu précis en particulier sur la nécessité
de renouveler les applications de produits, en fonction de la durée de
lexposition, du nombre de bains, de la quantité de sueur produite,
de lactivité physique, de lessuyage sur le drap de bain, de
lindex solaire, etc.
La périodicité
dutilisation est parfois indiquée sur les produits. Elle reste cependant
le plus souvent floue (mention du type : « appliquer régulièrement »
ou « renouveler périodiquement lapplication », etc.).
4.5.2.5. Les informations permettant au consommateur de choisir le
produit adapté.
Lobjectif
dune photoprotection est double : éviter lérythème
solaire et le vieillissement cutané et protéger les personnes atteintes
de photodermatoses, couperoses, etc.
Les étiquetages
des produits ou les autres supports de linformation donnent rarement au
consommateur les informations nécessaires pour conduire à un choix
pertinent du produit adapté à son type de peau, à lexposition
souhaitée, à la région concernée, à lindex
solaire de cette région, etc.
4.5.2.6. Les mentions trompeuses pour le consommateur ou pouvant induire
des comportements dangereux.
Certains
produits se présentent comme spécifiquement adaptés aux nourrissons
et aux jeunes enfants au prétexte généralement quils
sont exempts de filtres chimiques. Ils conduisent les parents à exposer
ces enfants au soleil avec un faux sentiment de sécurité.
La dénomination
« écran total » sur certains produits est complétée
par un pourcentage de filtrage des UVB qui nest pas de 100 %, auquel
il serait légitime de sattendre (90 % par exemple) et aucune
information nest donnée sur le filtrage des autres rayonnements.
Dune manière générale, cette mention semble devoir
induire le consommateur en erreur qui croit à tort être protégé
à 100 % contre les effets du soleil et risque alors de ne pas prendre
dautre précaution. Les comportements induits présentent des
risques pour la santé, en particulier pour les jeunes enfants.
A N N E X E I
MANDAT POUR LE CNC SUR LES PRODUITS COSMÉTIQUES
DE PROTECTION SOLAIRE Lexposition
du corps au soleil, si elle a des conséquences bénéfiques
incontestables, conduit également, lorsquelle est excessive, à
de graves problèmes de santé. En effet, les cancers de la peau attribués
à cette exposition constituent, selon les spécialistes dermatologues,
un des enjeux majeurs de santé publique dans les années à
venir.
Les causes des excès dexposition au soleil
sont multiples : développement des vacances dété
à la mer ou à la montagne, développement des sports dhiver,
augmentation des voyages vers des pays étrangers à fort ensoleillement,
etc. Parmi ces causes, les messages publicitaires accompagnant la vente des produits
solaires sont également parfois cités. En effet, se pensant parfaitement
protégés, certains consommateurs peuvent avoir tendance à
prolonger de manière dangereuse leur exposition.
Ces dernières affirmations doivent être nuancées.
La protection apportée par les produits solaires savère sans
aucun doute bénéfique dans bien des cas. Cependant, loptimisation
de cette protection est fonction de loptimisation du choix de produits adaptés
et, donc, de la clarté de linformation donnée par lutilisateur.
Lune des principales informations est lindice de protection solaire
qui se traduit généralement par un chiffre mesurant le ratio entre
le temps quun individu protégé peut rester au soleil sans
risque de « coup de soleil », par rapport à ce même
temps sans protection.
Dautre part, plusieurs initiatives ont été
prises de manière collective par lindustrie cosmétique en
France, pour développer une information sur le « bon usage »
du soleil, information qui a été mise au point avec la direction
générale de la santé. Enfin, diverses actions de prévention
pour renforcer cette information ont été menées par lindustrie,
en collaboration avec la Ligue nationale contre le cancer, notamment.
En dépit de ces efforts, il semble que des consommateurs
continuent de juger linformation hétérogène et peu
compréhensible, particulièrement pour ce qui concerne les indices.
Dans ces conditions, le CNC devrait, dune part,
procéder à un état des lieux du problème et, dautre
part, faire des propositions pour améliorer linformation et la prévention
en matière dutilisation des produits de protection solaire.
A N N E X E I I
Produits solaires
| EN
MILLIERS DE FRANCS HORS TVA | PART/MARCHÉ
TOTAL (EN %) | | 1996 | 1997 | 1998 | 1996 | 1997 | 1998 |
| Total marché français | 761 625 | 829 349 | 870 791 | 100 | 100 | 100 |
| Produits spécifiques bébés | 16 996 | 17 113 | 35 431 |
| Sticks à lèvres | 24 080 | 30 212 | 30 069 |
| Produits bronzants sans soleil | 94 481 | 112 917 | 113 052 |
| Produits bronzants avant soleil | 8 603 | 8 278 | 2 392 |
| Produits bronzants avec soleil | 539 632 | 553 189 | 578 896 |
| Produits après soleil | 107 831 | 107 640 | 110 951 |
| Total distribution sélective | 157 886 | 161 927 | 172 293 |
20 | 20 |
20 | | Produits spécifiques
bébés | 655 | 357 | 2 940 |
| Sticks à lèvres | 1 522 | 634 | 622 |
| Produits bronzants sans soleil | 36 288 | 44 507 | 49 198 |
| Produits bronzants avant soleil | 3 537 | 1 910 | 1 968 |
| Produits bronzants avec soleil | 93 388 | 89 876 | 91 560 |
| Produits après soleil | 22 496 | 24 644 | 26 005 |
| Total grande diffusion | 282 665 | 305 846 | 335 884 |
36 | 37 |
39 | | Produits spécifiques
bébés | 5 120 | 4 311 | 19 217 |
| Sticks à lèvres | 4 358 | 7 212 | 12 322 |
| Produits bronzants sans soleil | 22 468 | 24 442 | 27 490 |
| Produits bronzants avant soleil | 2 655 | 4 438 | 5 |
| Produits bronzants avec soleil | 207 307 | 223 427 | 236 949 |
| Produits après soleil | 40 757 | 42 016 | 39 901 |
| Total vente de conseil pharmaceutique | 235 483 | 238 590 | 244 056 |
30 | 29 |
28 | | Produits spécifiques
bébés | 7 255 | 9 987 | 13 127 |
| Sticks à lèvres | 16 976 | 20 331 | 15 589 |
| Produits bronzants sans soleil | 19 052 | 21 398 | 18 587 |
| Produits bronzants avant soleil | 1 823 | 1 328 | -
53 | | Produits bronzants avec
soleil | 163 598 | 164 370 | 176 141 |
| Produits après soleil | 26 779 | 21 178 | 20 666 |
| Total vente directe | 115 452 | 122 841 | 118 431 |
14 | 14 |
13 | | Produits spécifiques
bébés | 3 967 | 2 459 | 147 |
| Sticks à lèvres | 1 191 | 2 004 | 1 503 |
| Produits bronzants sans soleil | 16 673 | 22 570 | 17 778 |
| Produits bronzants avant soleil | 588 | 603 | 389 |
| Produits bronzants avec soleil | 75 247 | 75 419 | 74 245 |
| Produits après soleil | 17 785 | 19 787 | 24 369 |
|