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Le budget de l'État 2007 en quelques chiffres

Comment s'élabore le budget ?

L'élaboration du premier budget dans le cadre renouvelé par la LOLF s'est accompagnée de la mise en place d'une procédure budgétaire modernisée. Le Gouvernement a ainsi organisé la préparation du PLF 2006 avec deux objectifs principaux :

s'adapter au nouveau cadre de le LOLF et produire des documents budgétaires profondément rénovés ;

favoriser le redressement de nos finances publiques et amorcer en 2006 la réduction de notre endettement après une étape de stabilisation.

Comment le Gouvernement prépare-t-il son projet de budget ?

La réforme de la procédure budgétaire mise en oeuvre pour la préparation du budget 2006, premier budget sous le régime de la nouvelle loi organique, est approfondie pour le budget 2007. La réforme de la procédure tire les conséquences de la présentation et de la justification au premier euro des crédits pour centrer davantage le dialogue budgétaire sur les réformes structurelles. Elle intègre également les nouvelles modalités de présentation et de vote du budget en missions, programmes et actions ainsi que l'introduction explicite de la performance.

La procédure comprend désormais quatre phases budgétaires et une phase consacrée à la performance.

Janvier : à l'issue d'un séminaire gouvernemental en début d'année fixant la stratégie budgétaire de l'ensemble des finances publiques, le Premier ministre envoie à chaque ministre une "lettre de cadrage", déterminant les orientations budgétaires de l'année suivante.

Février-avril : le ministre délégué au budget et à la réforme de l'État, étudie avec chaque ministre les réformes structurelles envisageables au sein de leurs administrations. En parallèle, la direction du budget examine, lors de conférences, les demandes de crédits et d'effectifs des ministères au regard du cadrage budgétaire d'ensemble. Un cycle de réunions à Matignon conclut cette phase d'économies structurelles afin de déterminer les principales réformes qui doivent être intégrées à la préparation du PLF.

Avril : parallèlement à la discussion sur les crédits, des travaux sur la performance sont conduits entre la direction du budget et les ministères dans la perspective de communiquer au Parlement la liste des objectifs et des indicateurs de performance au moment du débat d'orientation budgétaire et de préparer les projets annuels de performances.

Mai : le ministre délégué au budget et à la réforme de l'État communique le résultat de l'instruction conjointe au Premier ministre qui organise une phase de restitution afin d'apprécier les propositions budgétaires. Par la suite, le Premier ministre adresse à chacun d'entre eux une "lettre-plafond" arrêtant le montant maximum des crédits et des emplois par mission ainsi que les principales réformes à mettre en oeuvre.

Juin-septembre : avec la direction du budget, les ministres répartissent les crédits entre les différents programmes d'une mission. En parallèle, les responsables de programme travaillent sur leur stratégie et les objectifs à atteindre. Après une importante phase de finalisation des documents budgétaires (notamment de préparation des projets annuels de performances et de justification au premier euro des crédits), et en particulier des documents budgétaires par mission, le projet de budget est examiné par le Conseil d'État et est adopté en Conseil des ministres.

Le dépôt du projet de loi de finances à l'Assemblée nationale et au Sénat intervient alors au plus tard le premier mardi d'octobre.

Le projet de loi de finances est ensuite examiné et amendé le cas échéant par le Parlement (Assemblée nationale et Sénat), puis voté. La loi de finances est promulguée au plus tard à la fin décembre de l'année en cours, de façon à entrer en vigueur le 1er janvier.

La nouvelle procédure a permis en 2005 de produire, dans le respect des délais fixés par la LOLF, un PLF 2006 sous un format enrichi et profondément rénové. La LOLF modifie sensiblement le contenu du projet de loi de finances et de ses annexes, avec des exigences accrues : plus de documents, une information plus complète et de meilleure qualité. La procédure a dû intégrer les nouvelles dispositions prévues par la LOLF en matière de performance, en particulier la réalisation de projets annuels de performances précisant les objectifs poursuivis et les indicateurs associés.

Comment le Parlement examine-t-il le projet de budget ?

Le projet de loi de finances doit d'abord être discuté devant l'Assemblée nationale puis devant le Sénat. L'article 47 de la Constitution prévoit que le Parlement dispose d'un délai de 70 jours pour examiner et adopter le budget avant le 1er janvier de l'année à laquelle il s'applique. Le vote du budget est l'occasion d'un dialogue entre le Gouvernement et le Parlement. Chaque année, la discussion du projet de loi de finances par le Parlement occupe l'essentiel du début de la session, jusqu'à la fin du mois de décembre.

La LOLF renforce la démocratie dans le cadre du vote et du contrôle du budget.
Avec la LOLF, les modalités d'examen et de vote des crédits changent en profondeur. Désormais, les crédits et la performance sont examinés et votés par mission et les parlementaires se prononcent sur l'intégralité des crédits au premier euro - et non plus sur les seules mesures nouvelles. Les plafonds d'emplois répartis par ministère font l'objet d'un vote unique. Les recettes du budget de l'État font l'objet d'un vote global et unique. Enfin, les évaluations de recettes et de charges de trésorerie qui pour l'essentiel retracent les opérations d'emprunt et d'amortissement de la dette, sont présentées dans un tableau de financement de l'État qui fait également l'objet d'un vote.
Le droit d'amendement a été accru avec la LOLF pour donner aux parlementaires la possibilité de modifier la répartition des crédits entre les programmes d'une même mission. Le Parlement peut également modifier ou supprimer un programme. Ce droit d'amendement doit respecter le cadre de l'article 40 de la Constitution : les parlementaires ne peuvent pas proposer des amendements se traduisant par la création ou l'aggravation du niveau global des dépenses au niveau des missions ou la baisse des ressources de l'État. De même, seul le Gouvernement a la faculté de créer une mission ou de redéployer des crédits entre des programmes de missions différentes.

Par ailleurs, la LOLF confère aux parlementaires un pouvoir de contrôle et d'évaluation élargi pour apprécier la performance des administrations. En particulier, dans le cadre de l'examen de la loi de règlement et des rapports annuels de performances, le Parlement compare les écarts entre la prévision budgétaire et son exécution effective, d'une part, entre les objectifs de performance et les résultats d'autre part. La loi de règlement devient un outil de contrôle et d'évaluation des politiques publiques mises en oeuvre par l'État.
Enfin, les Commissions des finances des assemblées ont la charge de suivre et de contrôler l'exécution des lois de finances et de procéder à l'évaluation de toute question relative aux finances publiques. Pour mener à bien cette mission, les présidents, rapporteurs généraux et spéciaux des Commissions des finances disposent de pouvoirs élargis :

droit d'accès à tout renseignement et document d'ordre financier et administratif ;

droit d'auditionner toute personne. Les personnes sollicitées sont tenues de répondre et sont déliées du secret professionnel ;

possibilité de demander à la Cour des comptes de mener des enquêtes ;

pouvoir de saisine du juge administratif par le président de la Commission, en cas d'entrave dans le cadre d'une mission de contrôle ou d'évaluation.

Au cours de la discussion du projet de loi de finances pour 2006, structuré par missions, le Parlement a pu faire usage de ses compétences nouvelles. Dans la nomenclature, il a créé deux programmes et a procédé à des réallocations de crédits au sein de certaines missions. Il a pris en compte la justification au premier euro et la performance dans les débats. Il a, pour la première fois, voté expressément un plafond des emplois rémunérés par l'État, décliné par ministère. Enfin, le vote du plafond d'endettement à moyen et long terme et du tableau de financement de l'État ont enrichi le débat sur la dette.
Afin de tirer pleinement parti des opportunités offertes par la LOLF, il faut désormais approfondir et généraliser ce renouvellement, qui améliore le dialogue entre le Parlement et le Gouvernement au bénéfice de la démocratie.
Dans cette optique, les ministres devront contribuer à placer davantage encore la performance au centre du débat budgétaire. En particulier, la communication générale n'a plus lieu de se référer aux moyens de chaque politique, mais aux objectifs fixés et aux résultats atteints. Les prochains budgets et, lors de la loi de règlement, l'examen des résultats atteints dans le cadre des rapports annuels de performances, constituent à cet égard des rendez-vous cruciaux.

En savoir plus

Guide pratique de la LOLF (septembre 2006)

Le site internet de l'Assemblée nationale

Le site internet du Sénat

 

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